GEW 2016 Day 4 : le crowdfunding à l’honneur au Synapse Center Dakar

Comme nous vous l’annoncé dans notre article précédent, c’est la semaine de l’entrepreneuriat ! En ce quatrième jour du Global Entrepreneurship Week 2016, le Synapse Center de Dakar , à travers son incubateur Tagg at Ventures,  a organisé dans ses locaux de Sacré-coeur une matinale incubateur au thème particulièrement d’actualité : “le financement participatif, levier incontournable de développement”.

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Animé par M. Mamadou Ndiaye de SynapseGWE2016 l’atelier s’est déroulé de 9h à 12h et a réunis des panélistes et une assistance venue de différents horizons. Pour rappel le crowdfunding est un nouveau système de financement participatif qui, à travers une plateforme, permet à des porteurs de projets de présenter publiquement leur projet et de recevoir du financement par une communauté ou des investisseurs, de recevoir des dons ou des prêts. A la fin du temps imparti, soit le porteur de projet à atteint son objectif et il récupère  l’investissement, soit il “rend” ce qu’il a reçu.

2La première intervenante du panel s’appelle Mme Fatou Thiam : entrepreneur et  co-fondatrice de Wintogether. Pour elle, il faut soutenir le crowdfunding parce que c’est agir par citoyenneté, c’est aussi fédérer une communauté. Il ne faut pas oublier qu’une entreprise qui réussit son financement participatif peut voir sa crédibilité augmenter considérablement par rapport aux banques. Son entreprise a lancé dolelejambar, une plateforme virtuelle de crowdfunding. Elle offre par ailleurs un programme de conseil et d’accompagnement. Wintogether s’est pour le moment fixé l’objectif de financer 4 projets par mois et de mobiliser un fond d’une hauteur de 500 millions d’euros d’ici fin 2017. Elle compte impliquer des investisseurs et des business angels d’Afrique et d’Europe mais aussi des organisations étatiques au Sénégal comme le FONGIP et la BNDE.

3A son tour M. Moussa Mbore Mbao  a pris la parole pour parler du crowdfunding et de son importance pour l’Afrique. M. Mbao est le Chargé de projet au bureau régional de l’ONG Positive Planet et à ce titre le monde du financement de projets ne lui est pas inconnu. Il a donné quelques chiffres interessans sur le crowdfunding : le marché constituerait 1000 milliards de dollars marché d’ici 2020 (selon le magazine Forbes); en Afrique il vaut déjà 125,9 millions (en 2015 d’après afrikstart); plus de 60% des projets qui sont passé par les crowdfunding ont été financés. Selon lui l’intérêt de ce type de financement c’est de pouvoir obtenir des fonds sans passer par les banques , mais aussi, pour les projets à l’état d’idée, de montrer l’intérêt du public. Il permet aussi de fédérer une forte communauté.

 

 

5Bineta Ndiaye est Business Developer chez MakeSense, nous avons déjà pu la croiser lors du 1er meetup de YUX Dakar. MakeSense est une organisation internationale, qui vise à mobiliser les communautés afin de développer des projets à impacts sociaux. L’organisation est désormais présente dans 128 pays et elle aide gratuitement les entrepreneurs sociaux à concrétiser leurs projets. C’est dans ce sens qu’a été crée le Sensecampus de Dakar, en collaboration avec l’Institut Africain de Management. Pour Bineta, il faut encourager la culture d’innovation, et dans ce sens sensecampus s’est engagé à offrir des ateliers et des formations.

 

4Yann Lebeux de YUX Dakar, qui n’est d’ailleurs plus à présenter, a pris le relais pour parler de l’économie de partager, étroitement lié au crowdfunding. Il est revenu sur certaines  des études sur l’économie de partage qu’il avait présenté lors du 1er meetup de YUX Dakar et s’est appesanti sur le financement participatif. Il a souligné quelques faits très intéressants :

  • Le crowdfunding a beaucoup de succès dans les pays émergents;
  • Le succès d’un crowdfunding dépends du sentiment de confiance que l’on inspire;
  • Le crowdfunding devrait surtout être utilisé comme un outil et non comme une finalité. C’est un outil formidable de communication lorsque c’est fait comme il faut, capable de fédérer une forte communauté autour d’un projet.

Il y a eu évidemment une séance d’échanges avec le panéliste et M. Mamadou Ndiaye, avec des questions pertinentes. Il en ressort que :

  • Il faut bien choisir sa plateforme de crowdfunding et surtout le type de financement. Le don par exemple, serait mieux adapté aux projets à impact social, Don : impact social tandis que le prêt est adapté aux projets qui peuvent générer des revenus assez vite pour rembourser, la prise de participation marche mieux avec les projets à long terme (tech etc);
  • Le problème de la sécurité des projets existe, puisque qu’ils deviennent du domaine du public, mais cela ne devrait en aucun décourager les porteurs du projets, ils sont seuls maîtres de leurs projets;
  • Pour éviter les risques de détournement du financement par les porteurs, les plateformes de crowdfunding font une sélection rigoureuse;
  • Les critères de sélections varient par rapport aux plateformes (age, secteur, viabilité, pertinence etc);
  • Les montants minimum et maximum de participations ainsi que les récompenses dépendent des porteurs;
  • La plupart des plateformes de crowdfunding forment leurs modèle économique autour des commissions qu’elles ont sur les montants des financements reçus par les projets.

En conclusion, le crowdfunding est en train de prendre de plus en plus d’ampleur est c’est à la fois un marché prometteur et un moyen de financement souple et assez “social”. Cependant, faire une campagne de crowdfunding n’est pas de tout repos, cela requiert du temps, de l’énergie, de la communication et surtout un engagement, que ce soit avant, pendant et après la campagne. Il est aussi important de remercier ET de récompenser tous ceux qui ont contribuer au financement du projet.

Le British Council a profité des dernières minutes pour présenter le programme Great Entrepreneurs qui vise la promotion de projets à impact social afin de palier au chômage.

Bio des intervenants : ici

Présentation de YUX Dakar : ici

 

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Séance de networking avec Yann Lebeux et Mme Ndeye Khady Fall de Handicap International.